Gérald Van Keymeulen, 120 battements par minutes – lasemaine.fr

AdSense

Par Aurélia SALINAS • Journaliste de La Semaine • 07/10/2017 à 11h00

Il ne supportait plus de ne plus être son propre patron. Ce besoin intense de liberté l’a conduit dans les airs. Ancien instituteur, Gérald Van Keymeulen, 42 ans, a fait du parachutisme son métier. Sa société est implantée à Ancy-sur-Moselle. Durant l’été, il a proposé des week-ends d’animations à Chambley. Le dernier se déroule le week-end prochain.

Une minute. C’est le temps que dure la chute avant que le parachute ne s’ouvre. Seul compte ce moment, ces sensations, plus rien n’existe autour. Un bonheur à l’état brut que les mots ne suffisent pas à décrire. Gérald Van Keymeulen en choisit un : « Immédiateté. » L’homme de 42 ans a  5 000 sauts à son actif. Hollandais d’origine, Thionvillois de naissance, Lorrain depuis toujours, il se souvient du premier saut accompli durant une journée de formation. Seul mais accompagné. Gérald a 27 ans. A cette époque, il est professeur des écoles, métier choisi après des études en sciences de l’éducation. Métier dont « il a vite fait le tour. Je voyais les conditions se dégrader, l’image du prof sans cesse dévalorisée. Surtout, je n’étais pas fait pour être fonctionnaire. Je suis plus un décideur qu’un suiveur. » Ce qui n’était qu’un loisir devient la raison pour laquelle il se lève tous les matins. « Je m’amusais davantage en faisant du parachutisme qu’au boulot. La vie est courte, je n’ai pas voulu avoir de regrets. » Il fait donc partie de ceux qui se donnent les moyens de convertir leurs rêves en réalité.  

Les jolies colonies de vacances

Pourtant, il a bien failli ne jamais sauter. Pendant longtemps, il a occupé ses étés en étant moniteur de colonie de vacances. Un jour, il en trouve une à Soulac-sur-Mer, qu’il qualifie de « colo du siècle », quand il la vante auprès de ses copains avec qui il a l’habitude de partir. Elle propose du parachutisme. Avec les copains en question, il partage le goût des sports extrêmes tels que le snowboard ou l’escalade. Juste avant de partir, Gérald se casse la main et voit donc ses amis vivre cette aventure sans lui. Qu’importe, au mois de septembre, il commence sa formation pour sauter.

Au départ, il ne s’agit que de loisir et de plaisir. Finalement Gérald décide d’en faire son métier et devient moniteur fédéral. Il est d’abord “videoman”, tourne des images en l’air, avant d’obtenir un diplôme de l’aviation civile, brevet qui lui permet de monter sa société professionnelle. Baptisée Tandemotion (mélange de tandem et d’émotions), elle est installée chez lui à Ancy-sur-Moselle. « Quand j’ai commencé l’activité, j’étais un jeune moniteur, j’avais besoin d’acquérir de l’expérience. J’ai travaillé pour des sociétés un peu partout en France. Je faisais 500 sauts par an », décrit Gérald. En parallèle, il développe une petite clientèle en Lorraine où il trouve deux terrains pour accueillir les sauts : un tout près de la frontière allemande près de Bouzonville, l’autre sur l’aéroport du Grand-Nancy à Tomblaine.

Un sport très sécurisé

Durant cinq ans, Gérald essaye aussi d’ouvrir une fenêtre du côté de Chambley. Mais le conseil régional de Lorraine ne donne pas suite à ses nombreux courriers et demandes de rendez-vous. Une nouvelle région et une nouvelle présidence sont arrivées. Jacky Helfgott qui gère désormais le site de Chambley a décidé de lui faire confiance. Trois week-ends d’activité ont été organisés durant l’été, du 14 au 16 juillet, du 11 au 13 août, le dernier s’annonce du 29 septembre au 1er octobre. En tout, 160 personnes ont déjà sauté et 650 autres les ont accompagnées.

Les sauts réclament une organisation et une procédure qui en assurent la sécurité. « Personne n’est là pour mourir. Le parachutisme est un sport très sécurisé. » Pour lui, le stress n’existe pas. « J’y vais tranquille et heureusement. Cela demande beaucoup de concentration, du calme. Il faut être bien dans sa tête. » Il en a l’air, le sourire jamais bien loin de son expression. Gérald espère voir ces rendez-vous se répéter pour qu’un maximum de personnes puissent vivre cette minute indescriptible où le rythme du cœur s’accélère jusqu’à déborder.

Powered by WPeMatico

eBay